Les “faux sucres” comme l’aspartame sont désormais utilisés massivement dans l’industrie alimentaire. Certaines personnes s’en servent comme d’un allié pour perdre du poids, au même titre que certains compléments alimentaires ou brûle-graisse. Alors que d’autres les accusent de causer toutes sortes de problème de santé, allant du cancer à l’obésité.

Que disent les connaissances scientifiques actuelles sur le sujet ?

Découvrez la vérité sur les édulcorants.

Les édulcorants artificiels

Les édulcorants sont des substances ayant un très fort pouvoir sucrant mais ne contenant pas de calories. Ils sont utilisés en très petite quantité pour remplacer le goût sucré d’une beaucoup plus grande quantité de sucre.

Parmi les plus connus, vous avez peut-être déjà vu les noms suivants :

  • Aspartame
  • Acésulfame-k (Acésulfame-potassium)
  • Néotame
  • Saccharine
  • Sucralose
  • Alitame

Mais ces édulcorants peuvent-ils être utilisés sans danger ?

comprimé edulcorant

Les bénéfices des édulcorants

L’intérêt premier des édulcorants est de manger ou boire moins de sucre tout en ayant malgré tout un goût sucré. Remplacer du sucre raffiné par des édulcorants est un moyen efficace de réduire les calories.

Mais sont-ils sans danger ? Voici ce que disent les autorités et les études sur leur sécurité sanitaire.

Les édulcorants causent le cancer

Non, les édulcorants ne sont pas cancérigènes à des doses normales.

En 1977, le Canada a interdit la saccharine (E954), et la même année la FDA (l’agence Américaine chargée de l’autorisation des aliments) a voulu bannir la saccharine, suite à une série d’études sur des animaux ayant trouvé une relation proche entre consommation de saccharine et le développement de cancers.

Depuis, cette interdiction a été annulée aux Etats-Unis et le Canada prévoit de ré autoriser la saccharine. L’Europe a autorisé l’aspartame depuis 1994. Seulement après que de nombreuses études scientifiques aient démontré son innocuité pour la consommation humaine.

Alors pourquoi existe-t-il aujourd’hui une telle inquiétude ? Certaines études ont montré une corrélation entre la consommation de saccharine ou d’aspartame et l’incidence de cancers chez les rongeurs. Cependant ces mécanismes ne semblent pas s’appliquer aux humains.

Actuellement aucune étude sur des humains n’a montré de relation de cause à effet entre édulcorants de synthèse et problèmes de santé à des doses normales.

L’ANSES a défini la dose journalière admissible à 40 mg/kg de poids de corps, l’équivalent de plus de 37 cannettes de soda par jour pour un homme de 75 kg.

En général, les études ayant trouvées une augmentation du risque de cancer, de lymphome ou de tumeurs en relation avec la consommation d’édulcorants ont été effectuées sur des rats ou des souris.

Les hommes et les rongeurs ont pourtant quelques différences métaboliques. En particulier la façon dont notre corps utilise le méthanol, une substance issue de la métabolisation de l’aspartame. C’est pourquoi il n’est pas certain que les études de l’aspartame sur les rongeurs soient pertinentes pour les humains.

Les édulcorants causent des migraines

Oui. Chez certaines personnes. Quelques études montrent une relation éventuelle entre consommation d’aspartame ou de sucralose et migraine.

Les édulcorants perturbent le microbiote intestinal

Peut-être. Pas tous. En 2019, une revue des études scientifiques portant sur les effets des édulcorants de synthèse et naturels sur le microbiote humain a identifié que seulement quelques édulcorants modifient la flore intestinale.

L’aspartame et l’acésulfame-K ont été accusés d’être toxiques pour le microbiote d’après une étude in vitro, mais ces effets n’ont pas été retrouvé actuellement dans des études humaines.

Jusqu’à maintenant seules la sacharine, la sucralose et la stévia ont changé la composition du microbiote. Ce qui pourrait avoir des répercussions sur la tolérance au glucose, l’humeur, l’appétit et la digestion.

sucre

Les édulcorants dérèglent l’appétit

Des études sur les mouches et les rongeurs ont trouvé que les édulcorants pouvaient créer un décalage entre le goût sucré ressenti et la véritable teneur en calorie des aliments, qui à son tour pourrait donner faim.

Le corps pourrait se méprendre à cause de ces signaux contradictoires. Le goût sucré est normalement associé à des aliments sucrés qui contiennent des calories.

Quand un décalage existe entre le goût et l’apport calorique réel, cela pourrait déclencher une réponse similaire au jeûne qui augmente l’appétit et la prise alimentaire.

C’est aussi possible que l’association entre goût sucré et apport calorique s’affaiblisse. Ce qui signifie qu’une consommation chronique d’édulcorant peut créer une situation où le cerveau ne « croit » plus que le sucre contient des calories.

Si c’est le cas chez les humains, alors les personnes qui consomment des édulcorant pourraient être à risque de prendre du poids inconsciemment.

L’aspartame provoque un pique d’insuline

Non. Certaines protéines peuvent provoquer une augmentation de l’insuline, mais pas l’aspartame.

Les diabétiques n’ont pas non plus de pic d’insuline après l’ingestion d’édulcorant. Et se rincer la bouche avec une solution au goût sucré via des édulcorants n’a pas eu d’impact sur cette hormone non plus.

Certes, une étude sur des cellules pancréatiques de rat et dont les édulcorants avaient été transfusés directement — au lieu d’ingérer oralement — ont montré une sécrétion d’insuline.

Cependant les études menées in vivo sur des humains montrent que les édulcorants ne causent pas de pic d’insuline.

Les boissons sucrées aux édulcorants favorisent les caries

Oui. Les boissons sucrées et les sodas sont liés à une mauvaise santé dentaire, particulièrement chez les enfants. Même si le sucre (saccharose) joue un rôle majeur, l’acidité générale et sodas et l’acide phosphorique qu’ils contiennent souvent contribue aux problèmes de dents et à la déminéralisation.

La surconsommation de boissons sucrées peut causer des caries et le jaunissement des dents, qu’il s’agisse de boissons sucrées normalement ou allégées, même si le sucre reste pire.

Prise de poids ou perte de poids ?

Contrairement à certaines croyances populaires, les boissons sucrées par des édulcorants n’empêchent pas de perdre du poids.

Quand des études d’intervention comparent les sodas allégés avec d’autres boissons sans calories en contrôlant le reste de l’alimentation, aucune différence de perte de poids n’est remarquée.

Le problème vient plus probablement des habitudes alimentaires de ceux qui consomment des sodas lights plutôt que du soda light en lui-même.

Beaucoup de personnes ayant de mauvaises habitudes alimentaires consomment des sodas lights pour essayer de « faire moins pire ». Et ces personnes sont à risque d’être en surpoids. Ce qui ne signifie pas pour autant que ce sont les additifs alimentaires ou les produits allégés qui les font grossir.

Alors, pouvez-vous consommer sans risque des édulcorants ?

Si vous êtes un enfant, une femme enceinte ou allaitante, ou sujet aux migraines et aux crises d’épilepsie, vous devriez probablement être vigilant.

A l’heure actuelle, il n’est pas encore certain que la consommation régulière et en grande quantité de boissons ou d’aliments contenant des édulcorants ne contribue pas indirectement à la prise de poids en perturbant l’appétit et en incitant à manger plus malgré soi.

Si vous avez tendance à consommer des produits allégés en sucre tous les jours ou plusieurs fois par semaine, peut-être mieux vaut-il essayer de vous « désintoxiquer » du goût sucré de manière générale.

Si ce n’est pas votre cas, alors c’est probablement inutile de vous inquiéter si vous voulez boire un soda light ou lieu d’un soda normal de temps en temps.